I don't want a gentleman...

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I WANT BARON DE VARVILLE ! <3

# Gepost op woensdag 16 december 2009, 12u21

To Life and To DeathThe mighty women IV

To Life and To DeathThe mighty women IV
Mon Armand,

Lorsque vous lirez ceci, vous l'aurez reçu de la main de Julie Duprat. Je serai donc morte, vaincue par une maladie sans répit. Peut-être l'aurez-vous appris par la bouche ou la lettre d'une quelconque âme généreuse. Peut-être aurez-vous pleurer, mais vous oublierez bien vite la femme de scandale et de facilité que j'étais. Peut-être vous marrierez-vous avec une de ces charmantes créatures de province, chaste et pure. Tout ce que je n'ai pas été.
Mais ne soyez pas triste pour la pauvre âme que je suis. Après tout, je ne suis qu'une fille de plus qui s'en va, qui va grossir les rangs de ces petites vertus de Paris, mortes bien avant moi. J'ai seulement le bonheur d'emporter avec moi un souvenir que peu partagent ; celui du véritable amour. Dieu est toujours clément avec ceux qui ont renoncé à tout pour s'y consacrer.
Durant ce mois de souffrances interminables où vous fûtes loin de moi, je n'ai eu de cesse de me remémorer cet été passé dans vos bras, si loin du monde et de cette assassine réalité, et combien nous étions heureux, à regarder l'agitation mondaine de Paris à laquelle nous participions jadis, et toutes ces fêtes où je me jetais à corps perdu. Tout me semblait si bien, si heureux ! Bien sûr, un tel bonheur n'aurait pu durer...
Je dus bientôt renoncer à cette éphémère joie, à cette illumination de mon âme, pour vous, pour votre avenir, comme me le répétât tant et tant votre père. Je me savais condamnée, mais séparée de vous, je souhaitais une mort plus rapide encore. Cela ne pardonnera pas cette nuit fatale que j'ai passé avec le Comte, mais cela donne un sens à cet acte insensé. Je me suis noyée au milieu de la crinoline de mes robes d'apparats, étouffant sous les lourdes pierres pendues à mon cou. Chaque soir, je dansais jusqu'à ce que mes jambes plient et me lâches, jusqu'à ce que le feu dans ma poitrine me devienne insupportable. Voilà de quel manière je m'exécutais, publiquement et à la vue de tous. Heureuse de dépérir plus vite encore.
La maladie m'a rattrapé plus vite encore que prévu, quand j'appris que vous partiez loin de Paris. Je n'ai plus quitté ce lit que vous connaissez si bien à présent, et dans le couloir ne résonne plus le pas de mes prétendants, mais celui de mes créanciers qui guettent mon agonie afin de me soutirer jusqu'à mon plus petit louis. Terrible existence que je quitte! Vous l'avez éclairé de votre éclatante lumière un été durant, avez prétendu à me soigner. Mais vos plus doux soins n'ont pas suffi à la créature condamnée que j'étais. Ne vous en croyez pas coupable, ne vous blâmez de rien. Mon coeur vous aurait été fidèle toute la vie, mais il était déjà trop atteint.
Adieu, Armand, adieu ! Un nom s'oublie, les apparences se fânent. Bientôt les sensations disparaissent, on abandonne les sens au profit de la froide rigidité de la mort. Ne restent plus que ces quelques mots jetés sur le papier, de ma main faible et tremblante. Eux seuls ont le pouvoir de rester à travers les âges.
Mon coeur cessera bientôt de battre, ma poitrine s'apaisera enfin. Alors, vous raconterez à vos enfants l'ascension et la chute de Marguerite Gautier, vous leur vanterez ma beauté et leur conterez notre impossible amour. Au revoir, mon ami. Ma main ne peut vous écrire davantage ; je risquerais de consteller de sang cette lettre d'amour passionné. Je vous aimé, je vous aime et je vous aimerai, même au-delà de cette fin qu'est la Mort.
Votre dévouée et aimée,

Marguerite Gautier.

# Gepost op zondag 13 december 2009, 10u07

Gewijzigd op maandag 14 december 2009, 12u53

happiness in da world II

happiness in da world II



Margaux est Heureuse :)

# Gepost op woensdag 09 december 2009, 15u07

Gewijzigd op donderdag 10 december 2009, 06u03

NoTitle

NoTitle

Quand elle se réveilla, c'était le soir. Avait-elle tant dormi ? Perdue dans les vapes léthargiques de son sommeil, elle émergea de cette brume comme elle était apparue devant lui, sortant de la blanche vapeur de la locomotive. Etait-ce si lointain, pour que son visage lui apparaisse si flou ? Ou peut-être était-ce l'alcool et ses rêves éthyliques...
Elle regarda autour d'elle, retrouva le paysage qu'elle avait quitté quelques heures plus tôt. L'enchevêtrement des poutrelles métalliques qui formaient le toit de la gare découpaient le ciel d'encre en ombres chinoises géométriques. Les quais étaient déserts ; elle était la seule âme en peine qui se recueillait ici.
Pourquoi cette gare de province, minuscule et sale ? Pourquoi revenir sur le lieu d'une rencontre presque anodine ? Elle soupira, mais ne bougea pas. A quoi bon, de toute façons ? Tout se terminerait ici, là où tout avait commencé.
Soudain, tout lui parut très claire, comme une lanterne qui s'allumait dans son esprit. Elle le revoyait, assis sur ce même banc, et comment leurs regards s'étaient croisés. Elle avait fui, en un coup de vent, mais le destin ne lâcha pas de sitôt l'affaire. Ils se retrouvèrent au bal, et tout devint concret et réel. Mais, avant qu'elle ne se rende compte du cauchemar dans lequel elle s'enfonçait, son mari était mort de façon bien étrange et son amant, envoyé en prison.
Elle avait pleuré tout son soûl, seule, perdue dans une société bien-pensante qui la rejetait. Elle était méprisée comme une paria, les regards se détournaient quand elle entrait dans une pièce. Femme de scandale, fille sans vertu et autres murmures formaient la bruyante brise qui l'accompagnait partout où elle allait. Comble du comble, la vie, à cette époque, grouillait dans son bas-ventre.
Elle aurait voulu mourir à l'accouchement, mais la fièvre délirante qui l'avait prise l'avait quitté bien vite.
Aujourd'hui, elle serrait dans ses bras sa petite fille, qui dormait encore, suçant son minuscule pouce. Cet après-midi, elle avait lu l'édit concernant la condamnation à mort de son amant pour le meurtre de son mari. Elle n'avait pas pleuré, consciente de ce qu'elle avait à faire.
Soudain, une lumière blanche baigna les quais de bétons, annonçant l'arrivée du prochain convoi. Elle se leva et s'approcha du bord, le bambin pressé contre son sein.
Il n'y avait pas de justice dans ce bas-monde. Elle avait voulu maintes fois dire la vérité, mais on l'en avait empêchée.
L'enfant, disait-on. Pense à elle.
A présent, elle savait qu'elle aurait dû tout avouer. La petite aurait été mieux avec son père.
L'assassin de son mari, c'était elle.
Elle sauta sur la voie.

Quand elle s'était réveillée, c'était le soir. Désormais, il ferait tout le temps nuit sur elle.

# Gepost op woensdag 09 december 2009, 14u15

Vivien ou l'Obsession ; Chronique de la mort d'Anna Holden.

Vivien ou l'Obsession ; Chronique de la mort d'Anna Holden.


Voilà. Maintenant, il est mort. Il a fini par la rejoindre, ne faire plus qu'une avec elle. Sa fille. Sa Vivien. Une fois de plus, je me retrouve seule, sur le carreau. Orpheline, sauvage. Malade et à la rue. Quelle ironie. La fin et le début se confondent, comme dans un rêve.
Mais cela, on l'appelle un cauchemar.
Comme il y a 7 ans, je tourne en rond, dans les rues de Los Angeles. Une fois de plus, on ne voit pas, on ne remarque rien.
Qui ferait attention au vison taché de sang, aux pieds nus meurtris et sale d'une jeune femme perdue ? Je suis redevenue Anna la fugueuse, qui s'était échappé de l'orphelinat. Je passe devant le cabaret, mon paradis antérieur. Aujourd'hui, il est à vendre, mais personne n'en voudra. Trop de choses s'y sont passées, trop d'âmes s'y sont perdues, tout comme la mienne, 7 ans auparavant.
Je pense soudain à Stasia, cette danseuse, ma mère de substitution. Je me souviens de ses larmes, quand le vieux m'avait prise. Mais bon, pour l'argent qu'on donnait pour moi, Barry McRory, le boss, il avait pas pu résister. Le porc.
Il avait commencé en douceur, m'avait dit à quel point je lui ressemblais, à sa fille, morte il y a 3 mois. Vivien Westlake, c'était son nom. Pauvre petite. Méningite fulgurante. En 1 semaine, c'était fait, les anges l'avaient reprise, comme il disait.
David Westlake, le père, devait avoir la cinquantaine bien sonnée. Je me disais que de toute façon, il ne me ferait jamais de mal. Une fois de plus, Anna Holden, tu te trompais. Parce que le mal n'est pas seulement physique. Parce que le mal prend toutes les formes.
Adieu mes longs cheveux blonds. Vivien, elle, les avait noirs, coupés court au carré, à la Louise Brooks qu'elle admirait tant. Ainsi il a commencé par mon corps, avant d'attaquer l'esprit. J'ai porté un corset, pour me redresser, et il m'a mise au régime. Minuscule détail, mais grands changements. Il s'agitait, autour de moi, me répétait sans cesse comment je devais me tenir, pour lui ressembler au maximum.
Ensuite, il m'apprit à parler comme elle, avec un léger accent anglais, en roulant parfois un peu les r. Je n'y arrivais pas.
Il me priva de souper 3 mois durant, parce que je ne faisais pas de progrès.
Je suis morte. Mon agonie a duré 5 ans. Cinq longues années durant lesquels le fantôme d'une fille, que je ne connaissais qu'à travers les miroirs qui ont fini par me hanter, a pris possession de mon corps et de mon âme, pour prendre ma place toute entière. Anna Holden, la pauvre orpheline à la mère assassin et au père assassiné, a disparu au profit de la résurrection de Vivien Westlake. Au final, je suis morte comme elle, à l'instant où j'ai renoncé à me battre contre son spectre.

Il a bien fallu que je me réanime toute seule.
Trois coups, dont 2 dans le ventre et un dans la tête. A l'autopsie, le médecin légiste apprendrait aux flics qui l'avaient trouvé que ça avait été sa blessure à l'abdomen qui avait été fatale. La balle avait traversé la chair et s'était fichée dans les muscles, dans les organes, provoquant l'hémorragie interne. On n'en ressortait pas.
Curieuse coïncidence. Mon père d'adoption mourrait comme mon père biologique.

Retour à la case départ. Vagabonde, je repense à tout. Il est doux de pleurer, il est doux de sourire au souvenir des maux qu'on pourrait oublier.
Je me souviens de tout. Mais je n'oublie rien.

# Gepost op maandag 07 december 2009, 15u36